T’en fais pas mon p’tit loup…

Gardez toujours en mémoire que j’aurai plaisir à vous accueillir à la Galerie de « l’œil Oblique », ouverte les jeudis, vendredis et samedis des mois de juillet et d’août de 14h30 à 18h30 au 17 rue des Halles à Celles sur Belle (face à l’abbaye).
N’oubliez pas non plus que tous les samedis de juillet et d’août à 17 heures, je propose une lecture de certains de mes textes.

 

Mais pourquoi donc le gouvernement prétendu le plus écolo de la planète s’en prend-il  soudain aux loups ?
Si les loups sont de nouveau entrés dans Paris, il vaut mieux savoir lesquels. Ceux de la chanson de Reggiani, ceux de la déclaration de Michel Onfray au soir de l’élection de Macron ou bien encore ceux du poème de Verlaine qui nettoient joyeusement le champ de bataille.  (A ce propos vous pouvez tout l’été venir voir l’exposition des poèmes de Verlaine illustrés par Gabriel Lefebvre à la galerie de L’Œil Oblique…)

Les commentateurs prudents diraient sans aucun doute qu’en ce début de mandature, il est encore beaucoup trop tôt pour identifier ces loups avec certitude. Ils rappelleraient, pour faire sérieux et pour détourner la question, la citation de Plaute (254 avant JC) reprise quelques siècles plus tard par le philosophe british Thomas Hobbes qui ne parlait pas encore du Brexit : « l’homme est un loup pour l’homme! »  Car la question n’est pas aujourd’hui de savoir ce que l’homme est pour l’homme, mais bien ce que le loup est pour l’homme !

Indiscutablement un modèle, un modèle qui hante en permanence les contes et les rêves d’enfants.

Regardez bien dans vos souvenirs, même s’ils sont lointains, le Petit Chaperon Rouge par exemple, que fait le loup ? Il se déguise… que ne ferait-il pas pour mieux déguster l’innocence du Petit Chaperon Rouge ?  Il prend l’apparence de la grand-mère, il contrefait sa voix, il illusionne, il fait croire, en un mot, il trompe qui veut bien lui accorder sa confiance.
Dans un autre monde, il fait croire qu’il n’est ni à droite ni à gauche, mais il oublie ce que veut dire justice sociale…il fait croire que la suppression des cotisations sociales sur les bas salaires équivaut à une hausse de rémunération, alors qu’elle va donner une raison supplémentaire de ne pas augmenter les salaires… et contribuer au déficit des comptes sociaux. Il baisse l’Allocation Logement (l’APL) pour les plus en difficultés. Il supprime l’Impôt de Solidarité sur la Fortune, mais maintient l’ISF, l’Impôt Sur la Fortune, même initiales ! On y verra que du feu ! Qui se rendra compte que le mot solidarité est passé à la trappe et que désormais l’ISF ne s’applique plus qu’au patrimoine immobilier…, oubliés les dividendes, les profits des placements juteux et des salaires des PDG du CAC 40 ?

Il y a un loup dans cette politique à n’en pas douter, un loup qui en ce cas reste un grand prédateur et qui se met toujours à la chasse des plus fragiles, ce qui reste la technique de chasse la plus en vigueur.

Regardez donc encore du côté de Monsieur Seguin.  Au bout du bout, à la fin de l’histoire, c’est toujours la petite chèvre qui se fait manger par le prédateur parce qu’elle a osé franchir la barrière de son enclos, sortir de la route tracée … (A ce propos vous pouvez tout l’été venir à la galerie de L’Œil Oblique voir la petite chèvre de Madame Seguin,  texte revu par mes soins et illustrés par Gabriel Lefebvre qui lui non plus n’en pouvait plus que la petite chèvre se fasse dévorer par le loup…).
Que voulez-vous l’ordre doit régner… Et c’est pour cela que l’exceptionnel doit devenir l’ordinaire. Un simple petit tour de prestidigitation et hop l’affaire est dans le sac ! L’Etat d’Urgence prend ses quartiers d’hiver, il est devenu la norme du quotidien, il n’y a donc plus d’Etat d’Urgence ! Mais sachez-le, le loup a pris les habits de la grand-mère après l’avoir croquée, Il ne lui reste plus qu’à attendre le Petit Chaperon Rouge ! Le pire c’est que maintenant il en a le droit !

Oui, mais alors pourquoi exterminer un modèle ?  Parce qu’une fois que le modèle est incarné, non seulement il ne sert plus à rien, mais il devient souvent gênant. Il représente l’idéal à atteindre et permet de mesurer l’écart de la réalité par rapport à l’idéal, alors que si le modèle est supprimé… on peut toujours continuer à faire croire…

Reste les Trois Petits Cochons… Pas si bête que cela les Trois Petits Cochons ! C’est bien leur solidarité qui les sauve  et qui leur permet de mettre le loup en déroute, un modèle plutôt sympathique celui là !

Je ne peux terminer sans recommander, même aux nouveaux députés peu habitués aux us et coutumes de l’Assemblée et aux sénateurs à venir, d’être particulièrement prudents quant au vocabulaire qu’ils utilisent pour s’adresser à leurs collaborateurs ou à leurs collaboratrices. Surtout ne jamais leur dire : « mon petit loup », ce terme d’affection rapprochée pourrait les faire tomber sous le coup d’un amendement proposé par le sénateur Maurey qui vise à élargir l’interdiction faite aux parlementaires d’employer des proches à « toute personne avec qui ils ont eu une relation amoureuse ! ». Exit donc les anciennes maîtresses et les anciens amants parmi les collaborateurs parlementaires! Pour celles ou ceux à venir on verra à la prochaine mandature !
Par contre il est heureux, que les attaché(e)s parlementaires ne relèvent pas de la juridiction des Prud’hommes, non pour des raisons morales, mais tout simplement parce que le plafond des indemnités fait partie de la prochaine réforme.
N’est-il pas vrai mon petit loup ? Il est !
Je suggère donc aux parlementaires de consoler leurs collaborateurs ou collaboratrices visés par cet amendement en leur murmurant doucement à l’oreille le refrain de Pierre Perret :

« T’en fais pas mon p’tit loup
C’est la vie ne pleure pas
Oublie-les les p’tits cons qui t’ont fait ça
T’en fais pas mon p’tit loup
C’est la vie ne pleure pas
Je t’en supplie mon p’tit loup
Ne pleure pas »

 

Le Quaireux le 23 juillet 2017

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