Salut François !

Notre langue française est vraiment merveilleuse. Si je vous dis : «Salut François ! » Il a fort à parier  que le lecteur  qui ne me connaît pas pourrait traduire « Salut François » comme un mot de bienvenue et d’impatience de voir arriver aux affaires « la France moisie et rance » de François Fillon. Le même lecteur pourrait aussi traduire : «Au revoir François et merci de laisser la place !…

Un autre pourrait penser que je salue et remercie François Hollande pour le travail réalisé au cours de ces presque cinq ans ! Et que je vais ajouter dans la foulée derrière  «Salut François !… un « Salut Manuel ! » des plus chaleureux. Il est sans doute vrai que ce lecteur là ne me connaîtrait pas forcément mieux que le premier !

C’est bizarre, il suffit juste de dire que l’on s’en va et l’on devient tout de suite plus sympathique, d’ici peu, on serait même regretté, regrets éternels, les meilleurs partent les premiers…on connaît ces banalités…

En tout cas, ça dégage le paysage politique pensent plus ou moins ouvertement les remplaçants éventuels… Pas  si sûr au fond…

Aussitôt l’annonce, les fabriques d’opinion se remettent au travail, les sondeurs s’affairent comme jadis la Pythie chez les grecs, ils charcutent leurs algorithmes avec autant de précision que les anciens pénétraient l’insoupçonné et l’avenir dans  les entrailles de poulets,  avec autant de certitudes que  les confessions d’un marc de café bio expurgé de la machine à café du bureau, mais ils gardent l’assurance absolue du grand prédicateur, qui sait.

Les journalistes, ne voulant pas être en reste, continuent de faire croire qu’ils sont des savants de la politique et les experts expertisent ravis d’exposer leurs certitudes à la table des fabricants d’informations.
Que dit tout ce petit monde ? Ils ont eu une surprise, une grande surprise… Ils ne savaient pas, même s’ils sont nombreux à déclarer qu’ils avaient  détecté des signes avant-coureurs de la décision prise…  Alors, comme pour oublier cette déconvenue passagère, ils repartent immédiatement à l’assaut de l’indice, du tuyau, de la confidence qui leur permettrait d’annoncer « urbi et orbi » le nom du fils naturel qui va tenter de reprendre l’héritage.

Et les sondeurs inlassablement se remettent à sonder…

Sur informés et coincés dans l’instantané du temps, Ils oublient de mesurer la profondeur de l’oubli, pourtant il paraît presque certain que la présidentielle se jouera sur la capacité des électeurs à oublier.

Oublier que Fillon fut le « collaborateur » de Sarkozy, premier ministre pendant cinq ans qui devrait mettre à son actif toute la politique de casse  qui a amené au rejet…Comment effacer ces cinq années là si, par hasard, elles revenaient à la mémoire ?

Oublier que Valls a été le grand diviseur de la gauche, imposant à coups de mentons caporaux, la loi sur le travail ou le rejet des boues rouges en Méditerranée et tentant de décliner à son profit  la déchéance de nationalité.

Oublier que l’extrême droite tente de se cacher, de se dissimuler loin des propos xénophobes des ses fondateurs, et que Marine Le Pen reste quoiqu’il arrive la fille de son père.

Après avoir refusé de regarder de près l’ensemble des défaites électorales de la mandature, la primaire de la soi disant « Belle Alliance populaire » sonne comme le casting présidentiel des « belles gueules politiques »  pour endosser définitivement l’hyper présidentialisation du régime. Elle révèle par là même l’incapacité à construire un projet collectif pour faire naître dans les faits une société plus juste et plus humaine. Nous touchons là les limites d’une démocratie dont le système médiatico-politique est en train de corrompre le sens le plus profond en la faisant basculer dans le spectacle, c’est-à-dire dans l’irréel et l’illusion.

En  guise de discours politique, on aura droit à un défilé de costumes, de cravates et de sourires pour désigner le candidat le plus propre sur lui, celui qui saura prendra au mieux la lumière de l’écran puisque depuis cinq ans on a laissé les espoirs,  la volonté de justice et de changement sur le bord de la route.

Pourtant, la mémoire reste notre bouée de résistance. Cultivons la  et rappelons par exemple, sans nostalgie, que le slogan de 1981 était : « Changer la vie ! »

                                                           Le Quaireux le 3 décembre 2016

 

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