Refondations…

Quel boulot  la politique, c’est incroyable : je refonde, tu refondes, il refonde, c’est ce que disent les individualistes adeptes du culte de la personnalité, rapidement suivis par les tenants de la démarche collective, que leurs adversaires ne vont pas tarder à traiter de collectivistes : nous refondons, vous refondez, ils refondent… bref tous des fondus de la refondation !

  • Le Pen promet une refondation historique.
  • Macron ambitionne de refonder l’Europe.
  • Le radeau des naufragés socialistes est armé de bouées refondatrices.
  • Quant à feu « les républicains » ils cherchent l’homme qui prendra l’habit du refondateur…

Mais, il faut bien l’avouer, c’est comme à la piscine, pour refonder, il faut avoir touché le fond… il faut avoir trouvé le fond du fond… Le malheur, c’est qu’il arrive parfois que la politique soit construite en référence au tonneau des Danaïdes : sans fond…

Et au fond l’expression mérite qu’on s’y arrête un peu : Refonder, c’est rechercher les fondements qui avaient présidé à la première fondation, fondements que les aléas, les circonstances de la vie politique avaient encombré de scories, peu à peu, sans qu’on s’en aperçoive, envoyant même les fondements par le fond… jusque dans le fond des oubliettes…

 Le problème du refondateur c’est donc le fondement. Parce que fondement est fondamental et que derrière fondamental se cache un fondamentaliste… Et là, attention ! Un fondamentaliste front national  sent toujours le costume brun et le bras tendu, un fondamentaliste macronien a des rhumatismes articulaires lorsqu’il faut marcher sur le chemin de l’égalité, mais il retrouve la santé dès qu’il peut échapper à sa fortune, un fondamentaliste socialiste a vraiment beaucoup de mal à relire Jaurès, ayant même sous-traité la lecture de Marx aux rares fondamentalistes qui lui restent… quant au fondamentaliste républicain, il est à la recherche de son propre fondement pour chercher à l’imposer aux autres…

 Comment refonde-t-on ? Plusieurs solutions.

On change de nom, pour montrer qu’on n’est plus les mêmes, en général on change de nom mais on l’écrit sur la même étiquette, c’est une vieille technique de vouloir que les mots changent quand on est impuissant à changer la réalité. C’est ainsi que l’on est devenu non-voyant quand on était aveugle, technicien de surface quand on était balayeur et « Les Républicains » pour faire croire qu’on l’était.
A l’issue de la refondation, social-démocrate effacera socialiste  de ses tablettes par mimétisme européen, et « La France aux français » fera la nique à « Les Républicains »  pour chasser l’étranger…

Mais changer de nom ne suffit pas. Pour donner le change il faut aussi changer de siège.
On va vendre Solférino, trop près de l’Assemblée et du Sénat pour sentir la respiration du peuple.
On  va bientôt céder L’Elysée et regagner « La Chancellerie » à Berlin, que voulez vous il faut bien faire des économies et surveiller les actions qu’on a « prêtées » à Siemens pour l’absorption d’Alstom… et puis c’est de Berlin qu’on refondera l’Europe. Natürlich !
Quant au siège de Saint Cloud, il est déjà saint  et on n’a plus de clous, alors…

Alors on peut se demander pourquoi ils sont tous tombés dans la mania de la refondation… et pourquoi ne pas fonder autre chose ? Faire du neuf en quelque sorte, du neuf et pas du neuf avec du vieux ! Parce que les vieux, on n’en a besoin que pour cracher au bassinet !
En fait, dans la macronie ambiante, l’indignation et l’insoumission n’ont jamais besoin d’être refondées tant elles sont nourries par l’air du temps.

Une réflexion au sujet de « Refondations… »

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