Quitter le navire…

Non content d’avoir plombé la gauche pendant une bonne partie du quinquennat voilà maintenant qu’ils quittent le navire en espérant qu’ils le feront couler…

On ne pourra pas leur reprocher une quelconque  inconstance politique. La gauche, ils n’en avaient qu’un vernis électoral sur la peau, parce qu’il y a quelques années encore, elle pouvait servir à prendre quelques sièges ou à se parer de quelques strapontins. Ils s’appelaient socialistes par simple oubli d’avoir changé de nom comme le souhaitait Valls, mais la gauche,  elle leur était au fond totalement étrangère, elle faisait un peu trop peuple et sentait parfois la sueur…, ils ont déserté le vrai combat social, tout simplement parce que ce combat n’était pas le leur.

Alors au moment où il faut solder les comptes, au moment où il faut mesurer l’écart entre le langage du Bourget et la réalité de la politique menée, ils quittent le navire… Ils se mettent « en marche », non pas tant,  parce que l’herbe est plus verte dans le pré d’à côté, non pas tant pour aller à la soupe, quoiqu’ils aient bien en ligne de mire les élections suivantes, mais parce qu’au fond, ils n’ont jamais été de gauche. De discours en discours, ils ont passé leur temps à maintenir l’équivoque jouant sur les appellations. Au fil des années,  socialiste est devenu social démocrate qui lui-même a muté en social libéral pour  terminer provisoirement son évolution en libéral social.
Au passage, ils n’ont pas eu de problème pour piétiner le vote  de la primaire. N’avait-elle pas été spécialement concoctée pour assurer leur pérennité ? Dommage, ils avaient perdu !

Mais qu’ils  gagnent ou qu’ils perdent les prochaines échéances, cet épisode de la vie politique n’aura pas de conséquence sur leur mode de vie, Ils continueront à se croiser dans l’antichambre de leur tailleur de luxe,  fréquenteront les mêmes joailliers, achèteront les mêmes Rollex , enverront leurs enfants dans les mêmes écoles. Soyez rassurés, leur victoire ou leur défaite n’aura aucune incidence sur leur manière de vivre.

En revanche la voix « des sans voix » se taira un peu plus,  la souffrance quotidienne, l’inquiétude du lendemain,  l’angoisse des fins de mois restera encore là où elle est.

Ah ! Pour sûr qu’ils doivent regretter d’avoir ouvert la primaire, de ne pas l’avoir réservée qu’à la poignée de militants qui répondent encore à l’appel de la rue Solférino, et peut être, encore mieux, seulement aux édiles qui soutenaient le petit caporal qui se croyait toujours sur le pont d’Arcole…

Cette campagne aura eu malgré tout le grand mérite de clarifier les positions. Prenant acte des migrations vers  le libéralisme social, elle aura montré aussi que le temps est venu pour la refondation d’une  gauche unitaire, refondation indispensable si nous voulons continuer à nous battre pour  vivre dans une société plus juste et plus éclairée.

Que dirait un ministre des armées à un soldat qui change de camp au cours de la bataille ?
C’est un traître…  Que dire alors d’un ministre qui fait de même ?

Le Quaireux le 25 Mars 2017

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