Paris gagné !

Paris a donc gagné… et comme Paris c’est la France… la France a gagné… et voilà une victoire qui sonne comme une grande réconciliation politique. Anne Hidalgo donnant la main à Valérie Pécresse, et Macron invitant Hollande et Sarkozy pour sabler le champagne au Palais… La France s’est retrouvée… Vive la France… finies les oppositions stériles, les peccadilles politiques, les marathons législatifs, oubliées les ordonnances qui ordonnent autre chose que l’olympisme parisien. Il est vrai que l’olympisme est par définition l’affaire des dieux du stade qui fréquentent l’Olympe, résidence jupitérienne par excellence…

Pourtant on ne peut pas dire que l’attribution ait suscité beaucoup d’enthousiasme, les villes candidates se sont successivement retirées, sauf une : Paris. Et s’il n’en reste qu’une je serai celle-là ! et j’aurai le pompon ! »

  • Boston, sélectionnée le 8 janvier 2015 renonce à son projet le 27 juillet de la même année, faute de soutien populaire et après le refus de son maire.
  • Hambourg, officiellement candidate le 16 mars 2015 se retire de la compétition après avoir consulté la population et perdu le référendum le 29 novembre 2015.
  • Rome, déclarée candidate le 2 juillet 2015 retire sa candidature le 11 octobre 2016.
  • Budapest se retire également le 22 février 2017 à la suite d’une large protestation populaire.
  • Los Angeles, passe son tour pour 2028, le 31 juillet 2017 après un accord avec le CIO et Paris…
  • 2017… il ne restait plus que Paris…

J’en vois parmi vous qui vont me dire que j’ai l’humeur un peu chagrine, parce que même s’il n’y avait qu’un seul athlète sur la ligne de départ du marathon, il est évident qu’il devrait  couvrir ses quarante deux kilomètres et cent quatre vingt quinze mètres pour l’honneur du sport… et l’on entendrait alors les commentateurs sportifs, eux-mêmes dans une grande solitude, nous indiquer qu’un marathonien de haut niveau galope d’abord contre lui-même… avant d’aller soigner sa schizophrénie galopante !

Paris gagné ! Même sans adversaire ! Voilà une nouvelle manière de promotionner l’idéologie de la réussite. Paris gagné on va de nouveau faire vibrer notre identité nationale… Puisque Paris, c’est encore et toujours La France !

Ce n’est pas le sport en lui-même qui est la cause de cette vibration. Le sport  à cependant toujours été un prétexte. A l’intérieur du pays, il s’est en permanence évertué à faire chanter la poitrine de notre coq emblématique,  hors des frontières, il a été utilisé comme un élément d’affirmation de notre prétendue puissance, notre force de frappe au marteau, au javelot permettant de hisser le drapeau sur le champ de bataille olympique.

Aujourd’hui la Russie prépare ses athlètes et en parallèle lance des manœuvres militaires aux frontières de l’Europe. Après les médailles olympiques, les médailles militaires… Tout comme hier en 1936 à Berlin… La Corée du Sud prépare ses jeux d’hiver, dame ses pistes, ses tremplins de ski et elle aussi fourbit ses médailles. Son voisin du nord teste ses missiles. Trump exhibe les siens et promet le feu nucléaire en représailles… et la ministre française des sports, ayant tiré les leçons de Tchernobyl, a compris que les nuages ne s’arrêtaient pas aux frontières, elle promet donc de ne pas mettre nos pourfendeurs de médailles en péril …
Décidément le sport n’a rien à voir avec un jeu, après avoir poussé son cocorico national et s’être vendu au mercato du profit, il reste la version sublimée de la guerre…  Jusqu’à quand ?

Une réflexion au sujet de « Paris gagné ! »

  1. « version sublimée de la guerre…  » c’est celà les jeux pour beaucoup de dirigeants.
    Pour les jeunes sportifs, surtout celles et ceux qui savent qu’ils ne vont pas gagner et sont simplement content.e.s d’être là, ça reste quand même une belle fête internationale avec des filles et des mecs en pleine forme pour le grand brassage mondial !

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