le syndrome de la vitrine

Les décors de lumière envahissent la rue, les sapins  s’enguirlandent sur leurs dernières aiguilles, les vitrines se maquillent pour faire sonner le tiroir caisse, le Père Noël bichonne son traîneau en se risquant à offrir des bonbons au miel, le photographe croque le sourire ébahi des tous petits… le commerce bat son plein…

Sur le petit écran, la pub irradie le corps des femmes  toujours jeunes et belles, le luxe dégouline finement de leurs oreilles,  de vraies princesses. Les bijoux de diamant se dandinent au cou des émiresses  heureuses de faire rêver jusqu’à   l’Arsène Lupin de service…
Les bijoutiers, que dis-je les joailliers, de la place Vendôme exhibent leurs colliers et leurs perles, l’or rutile…
Les Rollex s’affichent pour signer l’heure de la réussite sociale…
Le carrosse de service roule des mécaniques pour inviter à l’évasion…
Les parfums suaves et excitants se tirent la bourre  pour embaumer la soirée de Noël : la grande Coco N°5 se bat en duel contre  Jean Paul  et ses senteurs aigrelettes de phéromone…
Les bulles se piquent de dévaler jusqu’à la coupe parce qu’elle n’est jamais très loin des lèvres…

C’est bientôt la fête…

Le flot incessant des images virtuelles me plonge dans un monde totalement irréel pour le citoyen commun que je suis…  Est-il pertinent de parler de fracture…ou plutôt de  fossé ou bien encore de gouffre.  et si tout cela n’était pas pour moi ? Et si tout cela n’était pas pour nous ?
D’un côté la société des « pleins aux as » comme l’élite  footballistique de Madrid, Paris, Barcelone ou Chelsea, comme les milliardaires qui se piquent de politique, comme les PDG  qui perdent leur chemise  au travail, comme les boursicoteurs qui flairent le bon  tuyau ou comme les banquiers qui courtisent les paradis fiscaux et comme ceux qui sont nés avec une cuillère d’or ou d’argent sur la langue pour dilapider  la fortune de papa.

Et de l’autre, côté tous ceux, nombreux qui vont se  retrouver, comme ce gamin  que vous connaissez tous, les doigts et le nez écrasés sur la vitrine du pâtissier, un rêve d’éclair au chocolat au fond des yeux sans  le moindre sou dans le fond de la  poche…,
Pendant ce temps, les restos du Cœur jouent à guichet fermé, la Croix Rouge n’en peut plus de servir une soupe bien chaude aux longues files anonymes qui frappent à sa porte, les couvertures de survie cachent le seul abri des sans –abri, il fait froid et les pieds gèlent… il paraît que c’est bientôt la fête… drôle de fête…

Non,  il ne s’agit pas d’une coupure entre les élites et la peuple comme on entend souvent, il s’agit d’une fracture, d’un fossé entre l’opulence, le luxe, l’abondance, les fins de mois difficiles, les poches vides, et la faim et le froid…

A-t-on aujourd’hui le droit de s’indigner sans se faire traiter de populiste par la médiacratie en place ?

le Quaireux Le 11 décembre 2016

Une réflexion au sujet de « le syndrome de la vitrine »

  1. Que l’on se rassure, il n’y en a plus pour très longtemps de cette gabegie ! La population augmente, les sources d’énergies s’amenuisent comme les matières premières d’ailleurs, les glaciers fondent les banquises aussi, la mer monte et s’acidifiée, les déserts s’étendent, l’air est de plus en plus pollué…
    Le Club de Rome avait prévenu il y a maintenant 50 ans et la seule réponse des politiques à ce jour : CROISSANCE ! CROISSANCE ! CROISSANCE !

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