L’addition s’il vous plait!

Chers abonnés à l’humeur du lundi,

Ne croyez pas que si le billet de ce dernier lundi n’est pas parvenu jusqu’à votre boite à lettres, c’est parce que j’étais occupé à dîner à La Coupole, ou que je fêtais avec quelques ministres bien  en vue la défaite du candidat socialiste… pas du tout…

L’informatique a parfois des mystères et nous n’avons pas réussi à comprendre  le pourquoi de la chose… même si l’hypothèse du cabinet noir a été écartée à ce stade de l’enquête…
Nous allons donc essayer un nouvel envoi en espérant qu’il vous parviendra. J’espère que  ceux qui le recevront deux fois voudront bien m’excuser…
Notez bien qu’il y a toujours la possibilité de lire le billet sur mon site : « ericgautier.org ».

bien cordialement
Eric Gautier

D’ici quelques semaines le notaire réunira toute la famille, ou plus exactement ce qu’il en reste, pour l’ouverture du testament. Çà se passe toujours comme ça après un décès lorsque le défunt a rédigé ses dernières volontés.  Et dans le cas qui nous occupe en ce lundi, il se pourrait bien qu’il y ait même plusieurs enveloppes à ouvrir…

L’une d’entre elles portera le cachet de L’Elysée… le Président est, du reste, en train d’écrire ses ultimes considérations politiques,  très occupé qu’il est à redorer l’icône qu’il se dessine pour aborder l’éternité à défaut de l’Histoire… il y aura donc à ouvrir le testament  de son séjour élyséen.

Je ne sais si l’héritage sera à la hauteur des ambitions, mais l’observation attentive de la vie socialo-microcosmique semble indiquer clairement, qu’un certain nombre de prétendants seront traités comme la descendance d’un autre lit, l’autre lit d’une famille éclatée considérée comme irréconciliable.

La filiation a ceci de bizarre, qu’il n’est pas du tout obligatoire qu’un fils naturel soit naturellement intégré au partage… un fils a beau être naturel, il ne va pas forcément de soi  qu’il puisse être considéré comme légitime, bien au contraire… Le fils naturel rappelle à la famille une errance amoureuse, la tocade d’un soir, et je vois bien     d’ ici  les vieilles tantes revêches, les vieux oncles grigous sortir de leurs rangs pour préserver leur propre descendance… au nom de la famille !

Pour être légitime, un fils naturel doit défendre le père, même quand  celui-ci  se trompe… il doit attendre sagement que son père lui demande de régner à sa suite et ne jamais faire d’ombre. Pour n’avoir pas compris qu’il aurait dû laisser la place à quelqu’un qui ne pouvait pas la prendre, le fils naturellement issu de la primaire va manger très chaud…

Et c’était bien là  le dilemme… avec cette bon dieu de courbe  qui n’arrivait plus à redresser le nez, le Président était condamné à l’impuissance… c’était totalement évident mais il ne fallait pas le dire…,car un président a d’abord pour fonction de caresser la toute puissance…

De toute façon, s’il avait été inscrit sur la liste des héritiers, il n’est pas du tout sûr que le fils naturel aurait accepté… quand les dettes sont lourdes il vaut mieux refuser, il est alors parfois difficile de trouver un héritier qui s’assume…

Les nominés de la seconde enveloppe pourraient être bien plus nombreux, les appétits sont grands, il y va de Solférino…

Il y a ceux qui regardent les grilles et puis l’immobilier, un joli patrimoine à faire fructifier…

Il y a ceux un peu plus romantiques qui regardent l’histoire et honorent les mânes des ancêtres de gauche. Ils croient naïvement que l’habit fait le moine, le bureau la fonction, l’escalier l’ascension, et l’investiture l’élection. Certains de leur destin,  ils attendent les clés…

 Il y a ceux qui espèrent le prix de leur silence,  ceux qui ont navigué sans vraiment se mouiller, ceux qui crachent sur leur propre parole, gens de peu de hauteur et de courte mémoire, habiles et entraînés  à planter des couteaux et… si vous cherchez bien dans le fond un peu sombre d’un placard à balais, un Président empêché a convoqué la presse pour donner la leçon et asséner sa vérité d’un haut d’un quinquennat qu’il ne pouvait plus prolonger…

C’est certain, l’ouverture de l’enveloppe va faire monter l’angoisse, elle devra répondre aux multiples questions : Peut-on solfériner quand on s’est mis « en marche » ? Est-ce que les trahisons valent solférinades ? Pour sûr, la  Belle Alliance aura laissé des traces. En cherchant bien, vous allez les trouver au plus profond du bureau de Camba parmi les signatures reniées des beaux soirs de primaire ?

C’est bientôt la fin de la foire !

Garçon l’addition s’il vous plait !

 Inutile de l’envoyer rue de Solférino. Ils ne sont plus solvables ! Ils ont dilapidé nos espoirs et il faudrait les renflouer ?

L’addition c’est vous, c’est moi, c’est nous qui allons la payer,  au quotidien et au prix fort.

Le Quaireux le 24 avril 2017

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