Archives de catégorie : L’humeur du lundi

« Expliquer, c’est déjà vouloir un peu excuser. »

« Expliquer, c’est déjà vouloir un peu excuser. »

Cette déclaration du premier Ministre, lors de la commémoration de l’attentat de l’Hyper Cacher, fait écho à une autre déclaration au Sénat le 26 novembre 2015 :  «J’en ai assez de ceux qui cherchent en permanence des excuses et des explications culturelles ou sociologiques à ce qui s’est passé.» Il ne peut donc aucunement s’agir d’un écart de langage, d’une phrase qui dérape. Le premier ministre est un récidiviste.

Naturellement, cette phrase s’applique au terrorisme ou plutôt aux terroristes, mais comment peut-on en arriver à déclarer qu’il faut éviter de chercher à comprendre ?

Quel est ce principe  qui interdit l’explication des faits au prétexte que cette explication pourrait soulever des questionnements, des interrogations et peut être même des doutes ?

Juger sans comprendre reviendrait à éliminer de notre langage et de notre pensée la question du pourquoi, au prétexte que poser cette question là déboucherait au bout du compte sur une explication des faits qui deviendrait synonyme de bienveillance vis-à-vis des terroristes. N’est-ce pas nous conduire tout droit sur les rives de l’obscurantisme ?

Bien sûr dans un premier temps ce terrorisme intellectuel fait moins de morts que les balles aveugles des kalachnikovs, mais ne s’attaque-t-il pas tout simplement, avec ce genre de déclarations, à notre liberté de penser, à notre liberté de questionner, à notre liberté de comprendre ?

Refuser d’expliquer au prétexte que c’est déjà vouloir un peu excuser, c’est en fait enfermer notre liberté dans la croyance au détriment de la raison, et limiter les phénomènes qui nous entourent au ressenti, à l’émotionnel, à la compassion et aux commémorations multiples.

La raison et, au bout du compte, la liberté de penser passent ainsi à la trappe du terrorisme. N’est-ce pas exactement ce que veulent les auteurs d’attentats ?

un nouvel article

Deux poids, trois mesures…

 

Ce mardi 26 janvier était un mardi de grogne sociale. C’est ainsi que les fonctionnaires, les taxis et les agriculteurs, et se sont retrouvés dans  la rue pour  crier qu’ils n’en pouvaient plus,  du gel du point d’indice pour les uns, de la concurrence déloyale pour les autres et des prix de production trop bas pour les derniers.
Les premiers ont défilé sagement dans les rues derrière les banderoles de leurs organisations syndicales, les seconds ont bloqué la circulation, les périphériques et les aéroports, enfin les derniers ont déversé du fumier, de la paille et fait brûler des pneus usagers aux carrefours  stratégiques et aux portes des préfectures.

La manifestation des premiers était encadrée et suivie de loin par les forces de polices, celles des seconds a eu droit à quelques interventions policières et à un certain nombre d’interpellations et le déversement de fumier de la dernière a été observé de loin par les CRS sans aucune intervention… on ne va quand même pas interpeller les tracteurs et les tonnes à lisier… d’autant plus que tout ce matériel agricole est sans doute encore propriété de la grande banque verte !

Venons-en aux résultats. La première manifestation a fait l’objet d’un total mépris de la ministre de tutelle, qui a déclaré que le point d’indice n’avait que très peu de chance d’être dégelé , rigueur budgétaire oblige !… la seconde a eu le privilège de se voir  nommer un médiateur pour ouvrir les palabres dans quelques semaines et la dernière a été dotée d’ une enveloppe de 290 millions d’euros de la part de son ministre…  enveloppe à laquelle il faudra ajouter une subvention des collectivités locales pour réparer les dégâts occasionnés  par les damnés de la terre…

Moralité l’état d’urgence n’est pas l’état d’exception, comme d’habitude si tu veux être entendu, il faut brasser la merde !

EG 27 janvier 2016