Archives de catégorie : L’humeur du lundi

la « macronisation » est en marche…

Nous vivons des temps extraordinaires : la macronisation est en marche…Macron ! Voilà l’homme qu’il nous faut : propre sur lui, au dessus des clivages, ni à droite, ni à gauche mais à l’institut Montaigne, c’est-à-dire quand même à droite…, Comment voulez-vous qu’il en soit autrement, quand on a tété son petit lait dans les salons de chez Rothschild où voulez-vous pantoufler sinon comme Ministre de l’Economie dans un gouvernement qui a changé de maillot juste avant d’entrer sur le terrain ?
Vous avez dit socialiste ? Certainement pas !
Vous avez dit social démocrate ! Certainement pas non plus !
Alors peut-être social libéral ? Pas vraiment !
Alors… libéral social ? Vous y êtes presque !
Mais comme il faut faire du nouveau, finies les étiquettes ! Finies les normes! Trop contraignantes pour faire prendre les vessies pour des lanternes !
Il faut être au dessus des clivages et surtout faire moderne. Vous ne pouvez plus vous payer la LGV ? Pas grave, prenez les bus à Macron ! Ca c’est moderne !: Au lieu de faire un Paris Bordeaux en deux heures… vous pourrez vous faire un Bordeaux Paris en six ou sept heures. Pour les riches, le temps c’est de l’argent, et pour ceux qui n’ont pas d’argent il n’y a plus que le temps à gaspiller…. Notez bien que si vous rouliez un dimanche, c’est Macron qui s’rait au volant ! Parce que la macronisation est en marche… gare au prochain virage…
Rue de Solférino, on continue à bidouiller, Pour faire moderne on pense à la présidentielle… Une petite loi à la sauvette : finissons en avec l’égalité du temps de parole, un petit candidat a quand même moins de choses à dire à la télé qu’un candidat ayant parti sur rue ! Invoquons donc l’équité… c’est quand même plus libéral… et dans libéral n’y a-t-il pas liberté ! Il suffira juste de s’y prendre un peu mieux que pour la déchéance de nationalité et la refonte du code du travail !
Un peu plus loin, rue de Vaugirard, les primaires frappent à la porte des mal-nommés « Républicains », et miracle les candidatures s’amoncellent, il y en aura pour tous, l’essentiel est bien d’exister…
Encore plus loin, pas très loin du canal, la Jeanne continue à confondre Paname et Panama !
Pourtant à quelques encablures, place de la République la nuit se tient debout en attendant que l’aube se lève. La parole se prend, elle cherche à réinventer l’utopie, à réinventer une nouvelle manière de faire de la politique, elle cherche à redevenir acteur de sa propre vie, la démocratie directe sans représentation et sans institution est conviée à la soirée, un regard existentiel qui espère mettre en œuvre d’autres lendemains.

Paradis…

Par les temps plus que troublés que nous traversons, j’avoue très humblement que je ne sais plus à quel paradis me vouer.

On m’a dit que le paradis terrestre, c’était il y a bien longtemps, un super jardin des délices juste avant la chute d’Adam, la soi-disant chute originelle qui oblige aujourd’hui encore à enfanter dans la douleur et à gagner notre pain à la sueur de notre front… Il ne reste de ce paradis qu’une espèce de pommier utilisée comme porte-greffe pour sa robustesse. Elle donnera, j’en suis certain, de nombreuses pommes à croquer. Puisse Eve en être remerciée….

Le paradis artificiel n’est qu’un vulgaire pléonasme qui s’acoquine cependant avec des sociétés écrans rutilantes de dividendes à faire pâlir les grands banquiers de la planète.

Au pays de la libre entreprise, rien n’interdit d’ouvrir une blanchisserie pour tenter de laver plus blanc, plus blanc que blanc c’est encore mieux, même s’il peut arriver parfois qu’à force de laver plus blanc, on tombe dans le blanchiment… au fond, une machine à blanchir c’est un véritable paradis…

Le paradis de Mahomet qui promettait la jouissance de tous les plaisirs des sens est momentanément fermé, il n’y a plus, après toutes ces révélations, que quelques iles qui sont vierges. Faites dire aux futurs convertis qu’il leur faudra attendre un peu.

Le paradis de la Marine n’est pas du tout ce que l’on croit. C’est un ponton au fond du port où les bateaux sont à l’abri des tempêtes de toutes sortes, c’est bien sûr un simple hasard et la faute de l’océan si l’on s’abrite à Panama.

Le paradis dans les théâtres que l’on dit aussi poulailler, me semble bien plus sympathique, on peut y rencontrer Molière à un prix défiant toute concurrence ! Placé tout en haut du théâtre, ce paradis là permet de regarder Claudel de haut, grand privilège ! Et puis autre privilège, il peut être possible d’y écouter chanter Brassens : « un p’tit coin d’parapluie, contre un coin d’paradis… » Ce paradis là m’intéressait d’autant plus « quelle avait l’air d’un ange en somme… »

Reste le paradis fiscal, je viens de découvrir avec stupeur que je devais le fréquenter, sans le savoir Monsieur le juge ! Je vous le jure ! Mais par banquier interposé. Et je me sens coupable de ne pas l’avoir dénoncé ! Vais-je être condamné pour non dénonciation de « banquier en paradis fiscal », vais-je être condamné pour un délit de « complicité de Société Générale »…

Je ne saurais faire contre mauvaise fortune bon cœur ! Je sais qu’il est désormais interdit de faire virer sa retraite dans une lessiveuse par souci de bouilliture fiscale…, je vais donc chercher un autre banquier, propre sur lui…
Croyez moi, ils ne l’emporteront pas au paradis !

Le Quaireux le 10 avril 2016

la bagouse à la Jeanne

Indiscutablement, Albion porte bien son nom de perfide. Rendez-vous compte, il aura fallu attendre 585 ans pour que sa Majesté Elisabeth II accepte de sortir des joyaux de sa couronne l’anneau de la Jeanne. Faut-il voir dans ce geste symbolique un ultime cadeau avant le Brexit ? Faut-il y voir plutôt un sens aigu du business ?
La bagouse, dérobée, à la Jeanne, par l’évêque Cauchon juste avant de craquer l’allumette, puis revendue à un cardinal anglais, vient en effet d’être mise à prix  aux enchères par la Maison Timeline Auctions de Londres pour la modique somme de
19 051 euros et attribuée pour 376 333 euros par le commissaire priseur de service. Je vous laisse calculer le prix en livres !
Et l’acheteur me direz-vous? Sachez, mes chers amis, qu’il est français. Français de France !

Poussé par votre curiosité légitime, je suis certain que vous allez encore m’interroger sur l’identité de ce bon français, car, après la récupération de la « bague à la Jeanne », il mériterait assurément l’attribution d’une médaille nationale !

Il serait assurément bien trop facile de voir dans cet achat,  un placement juteux du micro parti que l’on a prénommé Jeanne. On ne saurait confondre une « chevalière sans peur et sans reproche »  avec une bague, même d’un prix certain !

Puisque vous insistez pour connaître ce bienfaiteur de la patrie, sachez, qu’il s’agit du descendant direct du vicomte Philippe le Joli de Villiers de Saintignon. Chapeau bas ! Même vicomte, c’est peut-être un sang bleu !

Mais quand même, que diable vient-elle faire en Vendée, la Jeanne ?

D’accord elle a voulu sauver la France, mais la France n’est-elle pas la fille ainée de l’Eglise Catholique Apostolique et Romaine ? Comment cette église là a-t-elle pu porter sur le bûcher la petite bergère de Domrémy en la faisant passer pour une sorcière ?

C’était une erreur sans aucun doute, une erreur réparée par la béatification de1909, la canonisation de 1920 et  le titre suprême de patronne de France en 1922…
Adorer ce que l’on a brûlé… demande bien sûr quelques contritions…

Bref,  la seule question qui vaille maintenant est de savoir si le vicomte fera baiser l’anneau lors des soirées antirépublicaines de son domaine du Puy du fou.
Il le fera c’est certain ! Contre quelques louis sonnant et trébuchant qu’il baptisera indulgences…

Va pour la bague en laiton, quant au reste… L’histoire ne dira jamais si la Jeanne l’aurait offert au vicomte Philippe le Joli de Villiers de Saintignon alias Philippe de Villiers. Le garder encore à son âge, c’est bien qu’elle y tenait un peu… Si Paris vaut bien une messe, la France vaut bien un pucellage… Et pour la France, que ne ferait-on pas !

Cauchon qui s’en dédie !

le Quaireux le 4 avril 2016