Tous les articles par Éric Gautier

Les Nuits Romanes sont debout…

Au moment où, parait-il,  il va falloir trouver un nom à notre nouvelle région, notre regard se porte d’abord  vers l’histoire.
Le dictionnaire Larousse illustré nous rafraîchit la mémoire : « Bordeaux capitale du Duché aquitain en 1032…, Bordeaux tira sa prospérité du commerce des Antilles (sucre et esclavage)… Le gouvernement s’y transporta en 1870, 1914, et 1940… »
Bordeaux véritable  base arrière de Paris, la vraie capitale des périodes plus que troublées…  Bordeaux aujourd’hui à deux heures quatre minutes du centralisme jacobin, voilà qui doit  réjouir les  girondins…  et tout particulièrement le Duc de Bordeaux.
Car l’histoire nous précise bien que le Duc  de Bordeaux aurait dû régner sous le nom d’Henri V , mort en exil en 1883, c’est définitivement rapé pour la royauté…
Mais Il existe aujourd’hui  un dignitaire républicain qui cherche à  prolonger l’Ancien Régime. Pas besoin de l’écouter longtemps pour comprendre qu’il n’est pas de sang royal… dénigrer, dénigrer et dénigrer encore…   mépriser, mépriser, mépriser encore et sous prétexte d’égalité : se payer au prix fort  sur les terres annexées…

«  Les Nuits Romanes ? »,  –  à la trappe aurait dit le Père Ubu.

Je propose donc aux élus régionaux picto-charentais, mais aussi à tous les intermittents du spectacle qui viennent de laisser leurs cachets aux pieds du nouveau Duc de Bordeaux, alors qu’ils sont toujours  fortement maltraités par le MEDEF,et  à tous les spectateurs des nuits romanes de reprendre en chœur  ce refrain déjà très ancien  mais toujours actuel :

« Le duc de Bordeaux ressemble à  son père,
son père à son frère et son frère à mon cul…
De là j’en conclus qu’ le Duc de Bordeaux
Ressemble à mon cul comme deux gouttes d’eau… »

S’ils ne sont pas vraiment adeptes de la paillardise, ils peuvent toujours reprendre cette adaptation de Georges Brassens qui a pour nom : la Vénus callipyge:

« C’est le duc de Bordeaux qui s’en va, tête basse
Car il ressemble au mien comme deux gouttes d’eau
S’il ressemblait au vôtre, on dirait, quand il passe
« C’est un joli garçon que le duc de Bordeaux ! »

Mes excuses vont à ceux qui pensent que « l’humeur du lundi » devrait s’établir au dessus de la ceinture, mais j’avoue quand même qu’un bon coup de savate là où je pense,  ça fait énormément de bien…
La dérision est  encore en vigueur dans le Duché…, n’hésitons pas à l’employer !…

N’hésitons pas non plus à signer la pétition lancée par Michel Chaumet @al_rousset Sauvons les Nuits romanes« 

la « macronisation » est en marche…

Nous vivons des temps extraordinaires : la macronisation est en marche…Macron ! Voilà l’homme qu’il nous faut : propre sur lui, au dessus des clivages, ni à droite, ni à gauche mais à l’institut Montaigne, c’est-à-dire quand même à droite…, Comment voulez-vous qu’il en soit autrement, quand on a tété son petit lait dans les salons de chez Rothschild où voulez-vous pantoufler sinon comme Ministre de l’Economie dans un gouvernement qui a changé de maillot juste avant d’entrer sur le terrain ?
Vous avez dit socialiste ? Certainement pas !
Vous avez dit social démocrate ! Certainement pas non plus !
Alors peut-être social libéral ? Pas vraiment !
Alors… libéral social ? Vous y êtes presque !
Mais comme il faut faire du nouveau, finies les étiquettes ! Finies les normes! Trop contraignantes pour faire prendre les vessies pour des lanternes !
Il faut être au dessus des clivages et surtout faire moderne. Vous ne pouvez plus vous payer la LGV ? Pas grave, prenez les bus à Macron ! Ca c’est moderne !: Au lieu de faire un Paris Bordeaux en deux heures… vous pourrez vous faire un Bordeaux Paris en six ou sept heures. Pour les riches, le temps c’est de l’argent, et pour ceux qui n’ont pas d’argent il n’y a plus que le temps à gaspiller…. Notez bien que si vous rouliez un dimanche, c’est Macron qui s’rait au volant ! Parce que la macronisation est en marche… gare au prochain virage…
Rue de Solférino, on continue à bidouiller, Pour faire moderne on pense à la présidentielle… Une petite loi à la sauvette : finissons en avec l’égalité du temps de parole, un petit candidat a quand même moins de choses à dire à la télé qu’un candidat ayant parti sur rue ! Invoquons donc l’équité… c’est quand même plus libéral… et dans libéral n’y a-t-il pas liberté ! Il suffira juste de s’y prendre un peu mieux que pour la déchéance de nationalité et la refonte du code du travail !
Un peu plus loin, rue de Vaugirard, les primaires frappent à la porte des mal-nommés « Républicains », et miracle les candidatures s’amoncellent, il y en aura pour tous, l’essentiel est bien d’exister…
Encore plus loin, pas très loin du canal, la Jeanne continue à confondre Paname et Panama !
Pourtant à quelques encablures, place de la République la nuit se tient debout en attendant que l’aube se lève. La parole se prend, elle cherche à réinventer l’utopie, à réinventer une nouvelle manière de faire de la politique, elle cherche à redevenir acteur de sa propre vie, la démocratie directe sans représentation et sans institution est conviée à la soirée, un regard existentiel qui espère mettre en œuvre d’autres lendemains.

Paradis…

Par les temps plus que troublés que nous traversons, j’avoue très humblement que je ne sais plus à quel paradis me vouer.

On m’a dit que le paradis terrestre, c’était il y a bien longtemps, un super jardin des délices juste avant la chute d’Adam, la soi-disant chute originelle qui oblige aujourd’hui encore à enfanter dans la douleur et à gagner notre pain à la sueur de notre front… Il ne reste de ce paradis qu’une espèce de pommier utilisée comme porte-greffe pour sa robustesse. Elle donnera, j’en suis certain, de nombreuses pommes à croquer. Puisse Eve en être remerciée….

Le paradis artificiel n’est qu’un vulgaire pléonasme qui s’acoquine cependant avec des sociétés écrans rutilantes de dividendes à faire pâlir les grands banquiers de la planète.

Au pays de la libre entreprise, rien n’interdit d’ouvrir une blanchisserie pour tenter de laver plus blanc, plus blanc que blanc c’est encore mieux, même s’il peut arriver parfois qu’à force de laver plus blanc, on tombe dans le blanchiment… au fond, une machine à blanchir c’est un véritable paradis…

Le paradis de Mahomet qui promettait la jouissance de tous les plaisirs des sens est momentanément fermé, il n’y a plus, après toutes ces révélations, que quelques iles qui sont vierges. Faites dire aux futurs convertis qu’il leur faudra attendre un peu.

Le paradis de la Marine n’est pas du tout ce que l’on croit. C’est un ponton au fond du port où les bateaux sont à l’abri des tempêtes de toutes sortes, c’est bien sûr un simple hasard et la faute de l’océan si l’on s’abrite à Panama.

Le paradis dans les théâtres que l’on dit aussi poulailler, me semble bien plus sympathique, on peut y rencontrer Molière à un prix défiant toute concurrence ! Placé tout en haut du théâtre, ce paradis là permet de regarder Claudel de haut, grand privilège ! Et puis autre privilège, il peut être possible d’y écouter chanter Brassens : « un p’tit coin d’parapluie, contre un coin d’paradis… » Ce paradis là m’intéressait d’autant plus « quelle avait l’air d’un ange en somme… »

Reste le paradis fiscal, je viens de découvrir avec stupeur que je devais le fréquenter, sans le savoir Monsieur le juge ! Je vous le jure ! Mais par banquier interposé. Et je me sens coupable de ne pas l’avoir dénoncé ! Vais-je être condamné pour non dénonciation de « banquier en paradis fiscal », vais-je être condamné pour un délit de « complicité de Société Générale »…

Je ne saurais faire contre mauvaise fortune bon cœur ! Je sais qu’il est désormais interdit de faire virer sa retraite dans une lessiveuse par souci de bouilliture fiscale…, je vais donc chercher un autre banquier, propre sur lui…
Croyez moi, ils ne l’emporteront pas au paradis !

Le Quaireux le 10 avril 2016