Après les « Nuits Romanes »… les « Mille et une Scènes »… Le désherbage continue…

Notre grande et belle nouvelle Région, continue avec ferveur son désherbage culturel, après « les Nuits Romanes », voici le tour des « Mille et une Scènes », manifestation culturelle d’importance qui mettait en lumière les pratiques artistiques des amateurs. Cette année encore, elle devait avoir lieu au château d’Oiron.
Les responsables culturels de la Région en ont décidé autrement puisqu’ils ont supprimé la subvention qui permettait l’organisation de la manifestation.

Je les entends dire dans la presse que la culture n’est pas une compétence obligatoire pour la Région ! Bel argument technocratique ! La culture n’est en effet une compétence obligatoire pour aucune collectivité ! Mais ce qui est vrai aujourd’hui l’était également  du temps d’avant…  la nouvelle Région, quand les mêmes personnes allaient couper les rubans de Nuits Romanes.

La prise de responsabilités dans le staff régional aurait-elle fait oublier ce que l’on soutenait hier ? Désormais, finie la culture comme « vivre ensemble », finie la culture comme « ferment du lien social », finie la culture comme « pivot de l’éducation populaire », finie la culture comme « élément de compréhension du monde qui nous entoure ».
Aurait-on oublié aussi que la politique est un choix, un choix de société ? Evidemment quand on n’a pas de vision, on ne peut être qu’aveugle, et quand on est aveugle en politique,  on est à deux pas de glisser, sans même s’en rendre compte, vers l’obscurantisme. Cela commence toujours en reniant la culture, sauf pour l’élite que l’on se pique d’être !

Le patron parle d’emploi ! Vive l’emploi ! Mais surtout ! Oublions bien vite les compagnies et les intermittents mis en grandes difficultés par la suppression des Nuits Romanes, oublions aussi les techniciens sans travail par la suppression des « Mille et une Scènes » !

 Oublions et défaussons la Région sur le Département de droite. Il  n’a pas non plus de compétence culturelle obligatoire et adopte exactement la même politique que la Région qui se dit de gauche ! Incroyable cynisme, car même un élu régional responsable de la culture devrait savoir que le Département a déjà  désherbé en supprimant la totalité de la subvention (50 000 €) à la Ligue de l’Enseignement, par ailleurs organisatrice des « Mille et une Scènes »,  comme il a désherbé la totalité de la subvention aux Foyers Ruraux et à d’autres.

La Culture et l’Education populaire ne font plus partie des préoccupations des très lointains descendants de Jaurès et du Front Populaire qui ont élu domicile à l’Hôtel de Région bordelais. Ici on ne parle que d’économie, d’emploi, de courbe du chômage et de révision du code du travail. Jamais on n’ose dire que le monde associatif et culturel est une part importante de notre économie, qui, bien sûr, n’engraisse pas les actionnaires mais répond à nos  besoins de vie collective.

Quant au Duc de Bordeaux lui-même, il a sans doute oublié qu’un de ses lointains ancêtres fut Guillaume IX d’Aquitaine considéré comme le premier des troubadours. Faut-il voir là,  la marque d’un mépris condescendant pour les artistes ou  simplement un acte manqué, puisque Guillaume IX d’Aquitaine était également Comte de Poitiers ?

Eric Gautier

Le Quaireux le 8 mai 2016

Une réflexion au sujet de « Après les « Nuits Romanes »… les « Mille et une Scènes »… Le désherbage continue… »

  1. Malheureusement il n’y a pas que Les Nuits Romanes et Les mille et une scènes ! Suppression de l’Adiam Corrèze qui s’occupait avec grande réussite de la pratique amateur, de la formation continue des profs de musique, des actions en milieu scolaire, qui défendait les dossiers de subvention pour la création artistique, suppression autour de nous des interventions musicales en Vendée, suppression de Culture O Centre, suppression de Musique et Danse en Finistère, etc.. etc..
    Lentement, une partie de la gauche s’apprête à laisser le champ libre à l’industrie commerciale pour ce qui concerne le champ de l’éducation artistique de chacun en lieu et place des collectivités qui doivent pourtant respecter le cadre de la loi NOTRe.
    Le combat est de plus en plus inégal et tout autour de nous (étudiants, musiciens, artistes, responsables associatifs), la colère devient immense, et cette colère n’est pas entendue par les Universitaires (ni même comprise), les intellectuels (voir la dernière réaction scandaleuse de BHL) qui devraient relayer, porter haut et fort ces revendications légitimes du « vivre ensemble » que l’on peut décliner par « musiquer ensemble », « inventer ensemble »,  » créer ensemble », « produire ensemble »…Bref, un projet citoyen qui rend ce dernier acteur de son éducation et un travail des professionnels de terrain qui permet son émancipation. C’est un mépris (ou une méconnaissance) de l’action fructueuse des acteurs de l’éducation populaire depuis la Résistance. Sarkosy avait imposé son ami Bolloré, propriétaire de la chaine radio Classique, pour être inscrit comme acteur de l’éducation artistique !!! Une partie de la gauche s’apprête elle à la supprimer complètement. Il ne s’agit plus de refaire le monde, mais l’urgence est d’empêcher le monde de se défaire et la gauche de défaire les valeurs de la Résistance

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